Donnons vie à votre projet Charles-Eric Guerrier, architecte d’intérieur à Paris

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L’architecte d’intérieur Charles-Eric Guerrier a créé l’agence D’un Lieu à L’autre en 2007. De ses nombreux voyages, il s’est forgé une culture cosmopolite qui lui permet d’envisager différents styles et surtout de comprendre l’univers dans lequel sa clientèle française et internationale souhaite se projeter. Il a accepté de nous ouvrir les portes de son agence d’architecture d’intérieur à Paris, pour nous parler de son métier qu’il exerce avec passion à Paris, mais également bien au-delà des frontières de la capitale.

Charles-Eric Guerrier, parlez-nous du métier d’architecte d’intérieur ?

Le métier d’architecte d’intérieur est un métier qui fait rêver. On pense d’ailleurs à tort qu’il est facilement accessible. Or, au-delà des apparences, l’exercer réclame de la culture, de la rigueur, de l’écoute. Les artistes que nous sommes, devons parfois nous faire oublier. Il faut toujours garder à l’esprit que nous sommes au service d’un client, d’une famille. Ils nous ont choisis pour réaliser leur projet. Leur appartement ou leur maison n’aura été le nôtre que l’espace de quelques mois.
Pour moi, le rayonnement de l’architecte d’intérieur dépasse les limites qu’on souhaiterait définir. Si l’on exclut l’architecte DPLG ou HMO — ce dernier étant de par son diplôme le seul habilité à construire plus de 150 m² — nous intervenons en tant que designer d’espace, décorateurs, tapissiers et tant d’autres choses. Le métier d’architecte d’intérieur ne se résume pas à être architecte ou décorateur, nous sommes tout cela à la fois.

En tant qu’architecte d’intérieur, comment abordez-vous les projets ?

Avant toute chose, nous devons comprendre et voir le plan.
Le confort, la qualité des espaces, la lumière sont les objectifs incontournables de chacun de mes projets. Je travaille de la petite échelle d’un appartement urbain à celle plus vaste de maisons secondaires et de maisons d’hôtes. J’œuvre avec la même passion et la même rigueur pour tous ces projets d’architecture intérieure, quelle que soit leur taille. C’est ça la clé d’un projet réussi et d’un client satisfait.
Que cela soit pour l’aménagement et la décoration d’habitats privés ou de locaux professionnels, tout commencera par un entretien approfondi, détaillé. Il est vital de comprendre les désirs, les besoins ou encore les contraintes de nos clients.
De notre côté, nous menons plusieurs projets, mais du côté de celui qui nous choisit comme partenaire, il n’y en a que le sien, les autres n’existent pas. Il faut savoir imaginer une architecture qui lui soit facile à vivre, où l’esthétique laisse sa place à l’ergonomie et où il restera au centre de nos réflexions.

Sur un nouveau projet, quelle est la 1ère chose qui va attirer votre attention ?

Lors de la réfection d’un bâtiment, je dirais que la première chose que j’analyse est son type et son époque. De là découlent d’innombrables possibilités d’aménagement de l’espace. Chaque bâtiment offre des qualités propres à son époque. Un appartement haussmannien, un immeuble années 70 ou une grange, voilà des lieux extrêmement différents et gages de défis s’il en est.

Comment aménager un appartement haussmannien ?

L’appartement haussmannien présente d’indéniables qualités, notamment volumétriques : de grandes hauteurs sous plafond, des moulures qui ajoutent un certain cachet à l’appartement, etc. L’acquéreur a été séduit par cet espace de vie. Pour l’architecte, la rénovation est un véritable challenge. Le haussmannien n’a pas du tout été pensé pour le 20e siècle et encore moins pour le 21e. Tout a été créé pour la réception : des pièces en enfilades ou encore des cuisines au bout d’interminables couloirs.

Le défi est donc de réussir à mettre une touche moderne et fonctionnelle tout en conservant le charme de ces grandes pièces aux moulures parfois magnifiques.

Quelles sont les spécificités d’un bâtiment des années 70 ?

Au niveau de l’espace, les volumes se réduisent, mais les balcons s’agrandissent. Le béton vibré fera plaisir aux amateurs, moins à ceux qui cherchent à réunir les volumes, mais les plans sont souvent bons et peu de choses sont à modifier. Certains appartements sont parfois issus du délire psychédélique des habitants de l’époque. S’occuper du relooking intérieur peut être un vrai bonheur comme un exercice intéressant. Je serais moins à l’aise avec une maison des mêmes années, mais il m’est déjà arrivé de le relever. J’ai pu réaliser une très belle réhabilitation sur l’île aux moines il y a quelques années. Ces appartements ou maisons restent toutefois facilement réaménageables.

Gérez-vous des travaux d’aménagement à la campagne ?

La campagne ? En voilà un défi ambitieux ! Le client a avant tout choisi cette région et cette maison (ou grange) pour son authenticité. Toutefois, il ne va pas y vivre comme au début du siècle. Un aménagement de l’espace de vie s’impose. Un travail véritablement passionnant s’annonce : permettre au contemporain de trouver sa place sans s’imposer. Il convient bien sûr de respecter l’architecture et l’ambiance qui a plu. Le contraste d’un univers parfaitement contemporain dans une enveloppe historique, offre des résultats qui sont souvent de belles réussites.

Les granges laissent envisager d’infinies possibilités de réalisations de par leur structure. Elles sont souvent composées d’un niveau inférieur — assez bas sous plafond, car anciennement réservée aux bêtes — et d’un étage qui, à l’inverse, profite de toute la hauteur sous toiture. Je connais bien les granges du Lot et c’est toujours un vrai plaisir lorsque l’on m’appelle pour un projet d’architecte d’intérieur dans le Lot.
La maison est un exercice tout à fait différent. Suivant son origine et la richesse de son bâtisseur, nous allons trouver des volumes extrêmement différents. De la petite maison de paysan aux ouvertures étroites, à la maison de villégiature plus large aux pierres nobles, il est impossible de définir une réhabilitation type.

Quel est votre point de vue d’architecte d’intérieur sur les maisons de ville ?

Les maisons de ville sont une typologie plus spécifique aux grandes villes. Le projet de rénovation concerne une maison sans jardin (ou petit jardinet) qui se vit finalement comme un appartement. Le rapport à l’extérieur est le même que celui d’un appartement. Mis à part quelques spécificités dues à sa localisation, son aménagement tient essentiellement aux désirs de ses propriétaires.

C’est quoi un architecte d’intérieur idéal ?

De mon point de vue, un architecte d’intérieur idéal, c’est une personne qui grâce à son professionnalisme va comprendre 2 choses :

  • en tout premier lieu, les aspirations de son client. Que souhaite-t-il pour sa maison ou son appartement ? Pourquoi en a-t-il fait l’acquisition ? Une résidence secondaire, un pied-à-terre, un habitat familial, de réception ou tout à la fois ?
  • ensuite l’environnement, comme évoqué précédemment. Il n’y a pas de règles toutes faites à appliquer selon que l’on est en ville ou à la campagne.

Va alors s’installer un lien particulier entre l’architecte d’intérieur et son client. L’architecte d’intérieur doit rentrer dans la vie parfois intime de son client, comprendre ses habitudes de vie, de travail, afin de définir un programme et finalement un habitat qui correspond aux attentes de ce dernier.

Il convient de déterminer un mode de fonctionnement qui permet à chacun d’échanger des idées, pour mieux se comprendre. À titre personnel, je n’ai rien trouvé de mieux que l’image. Mes clients trouvent des images qui correspondent à leurs aspirations et je produis des images du projet que j’imagine. Nous produisons de concert un projet qui lui ressemble et dont j’assure la cohérence.