Architectural Digest AD, n°161 juillet-août 2020

Il est des couvertures plus originales, plus attrayantes mais elle offre une simplicité et un calme qui nous rappelle qu’un intérieur est aussi un havre de paix et après avoir vécu le confinement, il parait essentiel de revoir nos intérieurs différemment.

Belle entrée en matière p15, impressionnant casting pour une époque disparue, un lieu probablement incroyable habité de temps de géants, à lire juste pour se dire que parfois, il est incroyable de pouvoir réunir autant d’esprits créatifs. Que sait-on des génies lorsqu’ils ne sont encore que des jeunes prometteurs !

On enchaine l’article suivant d’AD avec un plaisir immense. J’ai déjà écrit dans ce blog mon amour des jardins, le plus merveilleux moyen de voyager.

Les plantes bien sûr, mais l’eau, présente au cœur de toute vie, comme une invitation à la rêverie, à l’origine et quel calme, au cœur de ce jardin du Maine-et-Loire. Datant de la fin du 19e siècle le Parc Oriental de Maulévrier offre un voyage oriental qui est vrai témoignage de cette époque fascinée par l’orient. Ce qui n’est pas sans me rappeler l’univers du couturier Paul Poiret. Voyage suivant vers les Hauts-de-France et une époque beaucoup plus contemporaine, pour un jardin sorti de l’imagination d’Yves Gosse en 1980, rappelant un brin l’univers d’Alice au Pays des Merveilles. A l’ouest, dans le Finistère, le jardin exotique et botanique de Roscoff mérite certainement une découverte approfondie mais la photo de présentée par AD pourrait faire rêver un peu plus. L’île de Batz et une image qui laisse présager d’un tout autre lieu, voilà qui force l’imagination et nous entraine vers le rêve, vous aimerez…Et nous reprenons la route pour Menton où nous attends un jardin tropicale réalisé par le Major Johnston en 1924.

Franchement, j’avais juste envie d’en savoir plus, d’en voir plus.

Page 36, AD nous gâte, alors là j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir cette maison magnifique. Isolée en bord de mer, construite en 1960, une époque où la densité de population nous laissais penser que le monde nous appartenait. Aujourd’hui il reste des endroits magiques comme celui-ci, une maison réfléchie et joie extrême, le plan nous est offert, le concept ainsi révélé, un principe simple de patio ouvert sur la mer, ou comment se protéger pour observer. Un bref article nous rappelle qui est Cini Boeri, architecte de la Casa Rotonda. Article à lire absolument et je vous invite à fouiller sur internet ou à la bibliothèque sur cette architecte et la Casa Rotonda, une œuvre humaine à échelle humaine.

Lorsque je vois ces pages d’inspirations, page 43 et suivantes d’AD, je revois la maison de mon oncle, près de Marseille, faite de modernité, de matériaux simples et de tradition à travers des objets ethniques dont nous ne cesserons de dire qu’ils sont d’une modernité incroyable. Finalement, on peut faire et défaire, modeler et reprendre le cycle de la création, la simplicité sera toujours élégante et rendre la matière légère permet de libérer l’esprit. Une madeleine de Proust, mon oncle m’a donné l’envie de faire ce métier, de croire que le beau pouvait être une quête, je ne sais si cet article vous plaira mais il m’a replongé dans une enfance que je croyais plus lointaine que ça.

Je glisserai sur l’article suivant à partir de la page 57 d’AD, non pas que la maison ne soit pas un beau projet, non, mais on la voit mal, et ne sont mis en valeur que des objets hétéroclites sans lien apparent et assez loin de ce qui m’habite.

Retour vers le classicisme italien avec cette maison située à Capri qui sert finalement de prétexte à nous servir un catalogue d’objets variés dont certains je l’avoue sont très jolies. Un joli marketing qui ne trompera personne mais c’est bien fait…alors…

A l’école d’architecture j’ai eu la chance d’avoir un professeur marqué par le minimalisme, c’est ici, page 84 que je retrouve certains principes de cet art qui m’a toujours séduit. La terre come matériaux, quoi de plus simple, symbolique et complexe à travailler, solide et fragile à la fois.
Toute une série de couleurs rappelant ce matériau exceptionnel à travers un projet où l’espace ne fait que tendre à l’introspection, le vide comme élément structurant. Une affection particulière pour les pages 94 et 95 qui nous montrent à quel point l’architecture peut être source de sensations.

Esprit totalement différent, charme des couleurs acidulées et l’univers des 60’s qui s’étale sous nos yeux ! Un brin kitch, cette maison ne nous laissera pas un souvenir fabuleux, et l’on se dit que oui, une soirée ça va, plus ce serait trop…

Je passerai là encore sur la maison présentée page 108 d’AD, je connais bien Minorque, pas Majorque et faire le voyage pour ne voir que cette maison est fort dommage, je vous laisse vous faire votre avis, moi, je passe mon tour.

A Vivre n°114 nous offrait un cahier d’inspiration salle de bain assez sans intérêt, celui d’AD n°161 est un peu plus prometteur, il y 2 ou 3 trucs que je vais garder…

En conclusion, un numéro intéressant, malgré un peu de remplissage à mon goût, est-il si difficile de réaliser un contenu ou faut-il toujours faire du contenu ?
La difficulté de ce siècle n’est plus le support, entre média physique et virtuel, information immédiate et réseaux « sociaux » il devient important de se concentrer sur l’essentiel, le message. Le contenu doit avoir du sens, montrer du beau est devenu facile, le faire c’est autre chose.

Mais après tout, que demande-t-on à un magazine comme AD si ce n’est de nous divertir l’espace d’un instant entre deux bains de mer ?

Alors finalement, pari gagné, j’ai passé un bon moment Architectural Digest reste un bon magazine, j’achèterai le suivant.

 

Bonne lecture.

Charles-Eric