Architectural Digest AD, n°162 septembre octobre 2020

Avec un titre pareil je vous avoue que j’étais sceptique au moment de passer à la caisse de mon magasin de presse préféré pour régler ce numéro d’Architectural Digest.

Le Style Français

Pour avoir été confronté à ce que des clients américains avaient appelé le style français et qui n’étaient qu’un style victorien re-digéré à la sauce Washington, j’avais un peu peur d’ouvrir les pages de ce numéro d’AD.

Mais soyons courageux et ne nous arrêtons pas à la façade, ouvrons, qui sait, peut-être serons-nous surpris.

Comme à mon habitude la lecture se fait au fil des pages et non de l’importance des sujets.
En voilà un page 34, tout en bas qui mentionne les Journées des Plantes et des jardins de Varengeville-sur-mer. Une photo, petite m’a vraiment fait rêver et donné envie d’aller me promener de ce côté-là les 24 et 25 octobre.

Je glisse sur les pages suivantes, les articles n’ont pas présenté grand intérêt à mon goût, mais chacun le sien et peut-être prendrez-vous plaisir à tourner ces pages avec attention.

Arrêtons-nous page 60 sur l’appartement d’Anki Lind et Pierre Saalburg. Un appartement très cosy et résolument contemporain. J’aime beaucoup le « cabinet de curiosité » de la photo 1 page 61, promesse de mystère des portes dérobées. Une grande sobriété dans la décoration mais des meubles choisis et délicat. Une vraie réussite qu’il faut apprécier.

L’exercice suivant est plutôt délicat, page 68, une photo pour décrire l’univers des architectes d’intérieurs qui y sont présentés. Une page, une photo, un texte…court…

Allons-y, prenons donc nous aussi le risque de juger sur ce que nous voyons d’un travail sommairement présenté.
Kim Haddou et Florent Dufourcq, là, je ne serai malheureusement pas très tendre, j’ai l’impression d’avoir vu 1000 fois des essais comme les sculptures murales présentées, Carlo Scarpa l’avait fait avec talent, je trouve cela ici très pâlement copié.

Victor Bonnivard, certes on ne peut prétendre à une grande originalité mais en revanche, un vrai savoir-faire. Un équilibre des formes et des couleurs qui montre une vraie connaissance des styles architecturaux à travers les époques, comme le dit l’article, aucune fausse note !

Emmanuelle Simon, peut-être beaucoup de talent, mais rien ne laisse penser quoi que ce soit. J’ai toutefois un faible pour les matières cotonneuses du canapé et du coussin.

Jaune, alors je ne peux pas dire là non plus que l’image soit riche de détail, mais j’aime beaucoup le salon en rotonde, la table dorée. Un mélange contemporain au souvenir des années 20.

Victor Cadene, j’ai été plus surpris par le style de sa propre personne que par les objets censés représenter son travail.

Page 84, deux pages consacrées à Vera Székely, retraçant sa vie et sa carrière. Juste de quoi donner envie d’aller plus loin.

Page 88, un résumé de quelques dates à retenir.

J’ai retenu l’exposition sur le luxe, du 15 octobre au 2 mai, au Musée des Arts Décoratifs, 107, rue de Rivoli.

Page 98, j’ai adoré cette maison et ce mélange de classicisme du 18e et d’un 20e siècle représenté dans son entier…

Une maitrise parfaite de l’assemblage des époques, des couleurs, une grande connaissance de l’histoire de l’art, un respect du lieu et de l’histoire et pourtant nous sommes définitivement au 21e siècle. Charles Zana, à qui l’on doit cette très belle réalisation défini son travail ainsi : « Mon travail s’imprègne d’une culture classique dans laquelle il puise pour aller vers la modernité ». Cela se voit, se respire.

Difficile de passer à côté de cet article de ce numéro d’Architectural Digest sur la villa de Gio Ponti, « l’Ange volant ». Et pourtant je n’ai définitivement pas été séduit, manque de culture peut-être, vous me pardonnerez. Certains détails m’ont séduit, la cheminée page 118, l’assemblage des couleurs page 120-121, la façade dont j’aurais aimé voir plus, page 122.

J’ai beaucoup aimé cette villa au Pays Basque, très belle restauration et des détails plaisants comme les entourages de portes noirs, les ouvertures laissant libre passage d’une pièce à l’autre, un univers très graphique. Un clin d’œil pour la douche offrant une vue magnifique dans un univers particulièrement minéral.

Page 158, une série de meubles où vous trouverez certainement de l’inspiration, des canapés célèbres, j’ai eu un petit faible pour la méridienne Torii de chez MINOTTI. Page 164, le secrétaire en noyer de David Lopez a retenu toute mon admiration.

Et voilà la dernière page tournée.
Alors le style français était-il justement représenté ? Oui probablement. A travers ce numéro je me suis promené dans un univers connu, toujours fait d’histoire et de culture, la nôtre. Chaque appartement, maison, qu’il m’est plu ou déplu m’a toujours montré ce que nous pouvons appeler avec raison le style français.

Je vous laisse comme toujours vous faire votre avis, ceci n’était que le mien.

 

Bonne lecture.

Charles-Eric