Home, n°89 septembre octobre 2020

Rentrée au vert,

Le renouveau des campagnes…
Nous avons tous entendu cela depuis des lustres, les crises se succèdent, et régulièrement le refuge se trouve à la campagne.
Vous aussi vous voulez des poules ?

Mais il faut avouer que cette crise sanitaire et surtout le confinement qui en fut la résultante a éprouvé de nombreux citadins. Rester confiné, même dans un grand appartement ne fut pas chose simple, la solitude ou bien la promiscuité, toute s’est retrouvé exacerbé.
Alors ouvrons ensemble ce magazine, et découvrons ce que Home nous réserve.

Très bel Edito de la rédactrice en chef Pauline Blanchard, on les lit si peu souvent, prenez le temps parfois de le faire.

Loin des magazines que nous feuilletons habituellement ensemble, il faut ici se laisser glisser dans une certaine douceur de vivre, nous prenons le temps de découvrir Home. Page 12, et suivantes quelques objets choisis, inspirant l’authenticité et les matériaux naturels. Un coup de cœur pour le paravent de la page 14 et les céramiques de Memori Studio.

Page 19 un léger sourire à la vue de la cafetière en aluminium (n°8), car il y a quelques jours, j’en ai vu une dans la poubelle, la roue tourne. Mis à part ce clin d’œil, cette page 19 nous montre un très joli canapé de chez Coopi et un magnifique bocal en verre soufflé XIXe siècle.

Page 22 de Home, une interview intéressante sur ce qui peut pousser une famille citadine à quitter Paris et sur la manière dont elle aborde la campagne, une manière radicalement différente de ceux qui naissent sur place.
Les mauvaises langues pourrait dire bobo, oui, peut-être un peu, mais c’est plus que cela, il y a une prise de conscience naissante plus éco responsable. S’en suit un carnet d’adresse que ceux qui visite la Normandie aimeront garder sous le coude.

Page 38, d’intéressantes photos sur des cabanes Normandes, assez chics je dois dire, mais au combien agréable. Meubles simples mélangés, style nordique, ethnique ou campagnard, le bois règne. Comme dans toute cabane, le mobilier est réduit à l’essentiel et c’est tout le charme d’une cabane, fait de bricoles, de récupes et de détournements.
Tout y est intemporel et cet intérieur traversera les générations sans prendre une ride, pas de technologie, des matériaux naturels. Il faut bien chercher sur les photos pour voir une source lumineuse, comme si là aussi les bougies avaient refait surface.

Page 51, un autre portrait, celui de Judith Lasry, qui aussi a quitté Paris pour s’installer en Bourgogne et exercer son métier de céramiste. Cette dernière nous évoque ces journées faites de « modelage à l’atelier, travail au potager et promenade dans les environs ».

J’ai quand même quelques questions qui me viennent sur le modèle économique de ces gens qi se promène dans la campagne. Faire rêver c’est bien, mais j’aurai bien aimé avoir un exemple concret car il faut bien s’organiser financièrement pour organiser un tel changement de vie.

Page 63, nous trouvons enfin un exemple de réussite économique mais cela reste marginale et semble ne concerner qu’une élite, est ce que mon voisin le plombier peut lui aussi rêver de partir à la campagne vivre et de quoi ?

Là encore ma pensée est impatiente car page 67 un article sur la construction et sur « l’architecture écolo » j’aurais préféré lire écoresponsable…

Suivent plusieurs exemples de vie reconvertie, mais je reste un peu sceptique, tous ces exemples sont très exceptionnels ou anecdotiques.

Très belle maison page 75, décorée là aussi dans une grande sobriété, peu d’objets et un rapport au sol très particulier. Beaucoup de meubles près du sol, comme si ce rapport changeant nos habitudes obligeait à une plus grande sérénité, une paix intérieure aidée par l’environnement propice à la réflexion.

Encore un couple qui quitte Paris page 88 et je fini par me demander s’il ne s’agit que d’un problème parisien…

Je passe les pages, un peu lassé de ne voir que des images sans grand intérêt et sans grand esthétisme pour m’arrêter page 121.

L’ « échapée verte », ou encore un trajet entre campagne et Paris…cela devient usant, mais la maison est magnifique. Un bricolage savamment assemblé, bric et broc mais pas trop, des couleurs douces mais pas trop et une lumière incroyablement présente.

Je termine avec une certaine déception ce numéro de Home, pas tout à fait sur d’acheter le suivant, certes une agréable sensation de décoration dépouillée et de belles maisons.
J’ai compris le chemin des uns et des autres, vers une consommation réduite, une réduction des déchets et une envie d’autonomie mais plane sur ce numéro une irréalité parisienne.
Oui, les articles font le tour des régions françaises mais toutes ces histoires sont reliées à Paris comme le centre.
J’ai toutefois la sensation que la France n’est pas Paris et que ce magazine fut rédigé depuis la capitale sans finalement s’intéresser à ceux qui accueille ces exilés.

Je vous laisse comme toujours vous faire votre avis, ceci n’était que le mien.

Bonne lecture.

Charles-Eric